samedi 30 avril 2011

Gnocchi à l'ail des ours et écume de fleurs d'ail et parmesan

L'ail des ours, j'adore!
Quand je reviens du sous-bois les bras remplis de cette ail sauvage, son parfum embaume délicatement la cuisine et je ne peux m'empêcher de la cuisiner à toutes les sauces!
Dans l'ail des ours, tout se mange! Et voici une recette où les feuilles sont utilisées pour préparer les gnocchi et les fleurs pour la sauce crémeuse au parmesan!
C'est tout simplement divin!
Dans la même idée, on pourrait faire un cappucino, comme à l'Air du Temps ( chef S H Degeimbre, B). Les feuilles pour la soupe et la fleur pour la "mousse de lait".
Cette écume de parmesan à l'ail des ours est délicieuse. Et peut aussi accompagner des ravioles (à l'ail des ours?) ou du veau ou de l'agneau (en croute d'ail des ours?) I'm wild garlic lover, I said! ;-)

Gnocchi à l'ail des ours et écume de fleurs d'ail et parmesan

Pour 4 personnes:
  • 500 g de pomme de terre
  • 250 g d'ail des ours
  • 50 g de parmesan
  • 1 oeuf
  • ±150 g de farine selon la teneur en eau de la pâte
  • noix de muscade
  • 25 cl de lait entier
  • 20 fleurs d'ail des ours
  • 10 cl de crème fraîche
  • 150 g de parmesan râpé
  • 20 g de beurre
  • sel, poivre du moulin
1° Lavez les feuilles d'ail des ours et faites-les fondre à la poêle. Mixez-les très finement avec un filet d'huile d'olive et une pincée de sel, puis ajoutez l'œuf.

2° Faites cuire les pommes de terre dans de l'eau bouillante salée jusqu'à ce qu'elles soient bien tendres. Épluchez-les et réduisez-les en purée (au presse-purée, pas au mixer!) avec le mix d'ail des ours.

3° Sur un plan de travail fariné, déposez la purée en pyramide, faites un puit au milieu et versez-y les ¾ de la farine, le parmesan râpé et la noix de muscade. Mélangez sans trop pétrir pour obtenir une pâte homogène, elle doit être souple, pas trop sèche ni trop humide, rajoutez de la farine si nécessaire. Réalisez ensuite des boudins d'environ 1,5 cm de diamètre et détaillez-les en tronçons de ± 2,5 cm. Roulez chacun d'eux sur les dents d'une fourchette pour obtenir des rainures.
Faites cuire les gnocchi dans une grande casserole d'eau chaude salée. Lorsqu'ils remontent à la surface, ils sont prêts.

4° Pour la sauce: faites infuser les fleurs d'ail dans le lait et la crème portés à la limite de l'ébullition. Après 1/2h, filtrez, faites réchauffer et ajoutez le parmesan râpé, le beurre, laissez fondre puis assaisonnez. Émulsionnez à l'aide d'un mixer et versez la sauce sur les gnocchi égouttés et réparti dans les assiettes. Poivrez et saupoudrez de parmesan et éventuellement de fleurs d'ail.


Let's cook, now!

L'ail des ours is back!

Je l'attendais patiemment et le revoilà enfin! L' ail des ours, ou ail sauvage, (wild garlic ou bear's garlic en anglais). J'aime son côté sauvage, ses feuilles parfumées et ses magnifiques fleurs blanches.


Au gout très délicat d'ail jeune, frais et tonique, avec quelques notes sucrées, cette herbe sauvage aromatique se consomme de la bulbe à la fleur et de multiple façons (crue, cuite, froide, chaude,..).
Quand?
De mars à juin pour les feuilles et de septembre à octobre pour les bulbes,

Où ça?
Dans les sous-bois humides, frais et ombragés. (Attention cependant à ne pas le confondre avec le muguet ou encore le colchique, tout deux toxiques!)

Qui?
En risotto à l'Air du Temps (à Noville sur Mehaigne, recette exclusive à venir), en cappuccino au Coq aux Champs (Soheit Tinlot), en jus chlorophylle à l'Oxalys (Val Thorens), en émulsion chez Bras (Aubrac),...chéri par de nombreux chef, l'ail des ours est véritablement redevenu une star!

Alternatives?
Mélange d'ail et ciboulette
L'alliaire officinale, autre plante sauvage de saison, comestible, à l'arôme d'ail.
 

Ça pousse partout à cette saison, c'est tout naturel, subtilement aromatique et fleuri!
Let's cook, now!

lundi 25 avril 2011

TFP 2011 - 3ème épisode: Kobe Desramaults, Alexande Gauthier, JM Alija et...le très brillant, Sang Hoon Degeimbre!

Retour à cet évènement haut en découvertes et émotions culinaires, The Flemish Primitives 2011 (Ostende - Belgium)

Après les master classes du premier jour (ces leçons de cuisine approfondies, avec dégustations, données par des chefs expérimentés, sur des domaines tels que la cuisson sous-vide, la fermentation, la technologie du goût, ou encore la cuisine à l'azote liquide (voir résumé ICI et ICI)), place à la journée phare du festival avec les exposés.
Des chefs de haut vol des quatre coins du monde et des chercheurs universitaires en gastronomie se sont rencontrés et succédés sur une scène animée et équipée des toutes dernières technologies culinaires pour notre plus grand plaisir!

Le chef de Dranouter, Kobe Desramaults (In de Wulf, B - à gauche) et son voisin et ami français du Nord, Alexandre Gauthier (La Grenouillère, Fr - à droite) ont lancé la danse.
Partageant un terroir quasi similaire, rocailleux et humide, entre terre et mer, chacun d'eux a proposé une série de plats sur base de ces ingrédients communs qui les entourent:
Pour Kobe, côté terre (photo ci-dessus), les jets de Houblon en deux cuissons (poêlés et montés au beurre et crus, marinés) qu'il sert avec une crème réduite jusqu'à caramélisation (composée de moitié lait battu infusé de laurier et oignons confits, et moitié crème, le tout longuement réduit, technique inspirée par Magnus Nilsson). Et pour le croquant, il les accompagne de peau de poulet croustillante et d'herbes.
(crédit photo: Copyright Piet De Kersgieter et Flanders Taste Foundation)
Alexandre Gauthier, pour le côté mer (photos ci-dessus), présente l'huître et le bulot snackés avec un millefeuille déroulé de courgette et toujours de nombreuses herbes parfumées issues du terroir local.


Retour à Kobe qui présente le salsifis grillé et ses "fanes" avec une crème composée de fromage de chèvre mélangé à du lait de chèvre. Le tout assaisonné d'une huile de noix et de vinaigre d'ortie (photo ci-dessus).

Pour Alexandre, spotlight sur la Rattes du Touquet en duo avec l'ail sous différentes formes (photo ci-dessus). Une pomme de terre cuite dans un bouillon léger (eau, ail et sel) puis creusée en tube et farcie ensuite de... pomme de terre taillée en spaghetti et frite dans un beurre d'ail, le tout servi avec une émulsion d'ail, une purée d'ail (blanchi 9x) et des chips d'ail...Bref, je vous laisse facilement imaginer l'odeur qui envahit la salle à ce moment... divin!

Pour le troisième et dernier plat, Kobe proposera une échine de porc en croûte de sel parfumée d'herbe et cuite lentement à 230°C (au four 3h avec 60°C à coeur, puis repos) - photo ci-dessus. Et Alexandre mettra lui aussi le porc à l'honneur avec une langue de porc et boudin noir (dit "rouge" car réalisé à base de sang non-oxydé!) servi avec des tout petits radis aiguilles - photo ci-dessous.
Fin du premier duo. Un bel échange et une cuisine inspirée, reflet d'un terroir pur et authentique.

S'en suivra ensuite le duo Sang Hoon Degeimbre (L'Air du Temps, B) et Josean Martinez Alija (Guggenheim Bilbao, Es - photo ci-dessus, à droite)pour une cuisine aux influences coréennes et espagnoles.

L'espagnol réalisera un avocat cuit à 80°C qu'il comparera au foie gras. Il présentera également un bouillon d'oignons rouges caramélisés avec des lentilles cuitent à basse température en cocotte à pression pour garder les parfums. Il cuit les oignons avec du sel et de la coriandre, sous-vide, 60 min au four. Pour la présentation, ce chef du Guggenheim dit s'inspirer souvent des oeuvres d'art de musées.
Autre plat, les anchois cuit vapeur (gastrovac) et servi avec une sorte de poivron espagnole (herbe) et du jus d'oignon.
Du côté de Sang Hoon Degeimbre, comme toujours, on vole très haut! Avant-garde, technique et émotions culinaires sont au RDV.
Accompagné de son « staff technique », San présentera notamment une nouvelle technique basée sur les ultrasons.
Celle-ci repose sur la capacité des ultrasons à pouvoir extraire certains composants des ingrédients vers le liquide dans lequel ils ont été placés, créant des émulsions, bouillons et consommés de qualité exceptionnelle, au goût incroyable et à la longueur en bouche impressionnante! Il réalisera ainsi une émulsion de crevettes grises à l'aide de cette technique (voir photos ci-dessous)....
...qu'il servira avec une pomme-de terre cuite sous-vide avec de la mousse. Cette dernière donnera en effet toute son humidité et son parfum (de réglisse?) pour la cuisson des petits tubercules. Le résultat donne un savoureux et judicieux mélange terre & mer et high & low tech! (photo ci-dessous)


( crédit photo: Copyright Piet De Kersgieter et Flanders Taste Foundation)

Il réalisera ensuite sa « Chimère », un « œuf » monochrome où le blanc de chaire de poulpe enrobe un « jaune » coulant non pas jaune mais noir, à base d'encre de seiche.
( crédit photo: Copyright Piet De Kersgieter et Flanders Taste Foundation)

Autre plat à la fois poétique, engagé et symbolique, le « Ton Rouge: Hommage par l'absence avec la couleur de l'urgence... ». Un fond marin paisible, recréé, avec des betteraves substituant visuellement le thon rouge, des anchois, des coquillages, de la mousse et des herbes et surtout une mer bleue représentée par un jus de choux rouge. Jus bleu qui virera au rouge sous l'ajout de vinaigre, évoquant le trouble du système marin, venant de l' « acide » violence humaine de la surpêche du thon! Un grand instant d'émotion traversa la salle avant que les applaudissements enjoués résonnent.
( crédit photo: Copyright Piet De Kersgieter et Flanders Taste Foundation)

Une matinée qui continue crescendo, toujours pleine de surprises, découvertes et émotions et qui laisse place pour poursuivre au trio de choc très attendu, tête d'affiche de l'évènement, René Redzepi (Noma), Michel et Sébastien Bras (Bras) et Sergio Herman (Oud Sluis)...à suivre!

dimanche 24 avril 2011

NY Carrot Cake Cheesecake de chez Junior's, le retour!

It's Easter! Excellente occasion pour un Carrot Cake Cheesecake! (Même si'il n'y pas d'occasion pour succomber à un carrot cake cheesecake!)
Carrot cake et cheesecake, c'est un duo gagnant! Un véritable mariage d'amour auquel je ne résiste pas! Découvert tous les deux lors de ma vie new yorkaise, je n'ai depuis jamais su m'en défaire, que ce soit l'un sans l'autre ou ensemble!
My favorite, my best one, ma madeleine de Proust? Celui de chez Junior's (NY), of course! (Revoir la genèse de cette addiction en image ICI! )
Deux ans plus tard, je remets le couvert de ce Carrot Cake Cheesecake King Size mais cette fois en version Medium Size et plus simplifiée (moins de couches et sans cream cheese frosting).
Cette recete de cheesecake, traduite du cook book de chez Junior's (ramené lors de mon second séjour à Big Apple), est un must dont je ne me lasse pas! Elle fait partie de mon Top 5 de mes meilleurs desserts et a déjà convaincu plus d'un sceptique à l'idée d'aimer un gâteau sucré au...fromage! (Je ne vous parle même pas du défi quand je l'associe à un cake aux carottes! En général je ne donne pas de détails, sinon c'est foutu d'avance ;-) par contre, rare sont ceux qui en reviennent indemnes ;-)!)
Selon les envies, les occasion, les moments, je fais cette recette dans ses proportions d'origine ou je la divise par deux ou trois. Pour cette fois, je l'ai divisée d'1/3. (Retrouvez la recette originale avec tous les détails ICI).
Voici la version 1/3 réalisée pour ce Carrot cake cheesecake que je prépare dans son intégralité, idéalement, 1 jour à l'avance:

NY JUNIOR'S CHEESECAKE recipe (pour un moule de 9"
  • 700 gr de cream cheese Philadelphia (non light!) à température ambiante.
  • 290 gr de sucre
  • 23 gr de maïzena
  • 2/3 cs d'extrait de vanille
  • 3 oeufs 
  • 140 ml de crème fraîche (min 15%)  
1° Préchauffer le four à 175°C (350°F). NB: Ne pas utiliser le mode chaleur tournante qui risquerait de cuire le cheescake trop vite!) Petit secret de chez Junior's: Bien respecter le mélange en 2 étapes (point 2° et 3°)

2° Mettre 150 gr de Philadelphia, 50 gr de sucre et la maïzena dans un large bol et battre avec un mixer électrique à vitesse lente jusqu'à ce que le mélange devienne crémeux, environ 3 minutes, tout en raclant les côtés à plusieurs reprises. Ajouter et mélanger ensuite le reste de Philadelphia en 3 fois en raclant bien les bords entre chaque ajout.

3° Augmenter la vitesse du mixeur sur medium (pas plus vite) et battre avec le reste de sucre suivi de la vanille. Ajouter ensuite les oeufs un a un en mélangeant bien entre chaque oeuf. Verser ensuite la crème et mixer jusqu'à ce qu'elle soit complètement mélanger. Attention à ne pas trop mixer au risque de faire monter la crème!

4° Emballer le fond extérieur de votre moule à charnière avec du papier aluminium* Graisser la partie intérieure en veillant à ne pas oublier les côtés. (Astuce du Master Baker: après avoir beurré le moule, le fariner légèrement pour un démoulage plus lisse.) Verser la préparation dans le moule et déposer votre moule bien emballer dans un récipient plus large rempli d'eau chaude à environ 2,5cm de hauteur du moule à charnière. Enfourner pour environ 1h15 ou jusqu'à ce que le dessus de la préparation soit légèrement doré. (Pour moi, 1h a suffit donc il vaut mieux bien surveiller sur la fin). NB: Ne surtout pas ouvrir le four durant les 30 premières minutes!!! *L'aluminium permet de protéger le moule contre les infiltrations d'eau pouvant émaner du bain-marie.

5° Une fois cuit, le retirer du four et le laisser refroidir dans son moule sur un rack pendant 2h, sans y toucher!!! Ensuite toujours en laissant le cake dans son moule, le couvrir d'un film plastique et le mettre au frigo pour minimum 4h.

Pour la recette du Carrot Cake, j'ai testé, cette fois, une nouvelle recette trouvée sur l'adorable bog Sooishi. Un mixte entre une recette de la so british, Trish Desseine, et la suisse, Betty Bossy! Une recette sans beurre avec beaucoup de carottes pour alléger ce dessert digne en densité des douceurs made in US! Ce cake est vraiment délicieux! Moelleux, pas gras du tout et très savoureux! J'ai un peu modifié la recette en ajoutant de la mousseline de pomme à la place d'un oeuf pour plus de moelleux et en diminuant un peu certaines quantités. Ce cake est délicieux, même sans cheesecake. Il se conserve une bonne semaine et s'améliore délicieusement avec les jours! Si vous le faites sans cheesecake, garnissez-le simplement d'un glaçage au cream cheese (voir recette ICI) c'est tout simplement à tomber.

CARROT CAKE by Sooishi interpreted by Lola
  • 4 oeufs 
  • 250 g de sucre brun 
  • 250 g de carottes fraîchement râpées 
  • 100 g d'amandes en poudre 
  • 80 g d'un mélange de noix et noisettes moulues 
  • 3 c. à s. de mousseline de pomme (cuire au micro-onde ou à la casserole avec un peu d'eau, 2-3 pommes coupées en morceaux et les mixer en une purée fine)
  • 1 citron bio
  • 80 g de farine
  • 1 c. à soupe rase de baking powder
  • 2 c. à c. de cannelle en poudre
  • 2 c. à c. de 4 épices en poudre
1° Préchauffer le four à 180°C.
2° Beurrer et fariner votre moule pour faciliter le démoulage du gâteau ou utilisez un moule en silicone (personnellement, j'utilise le moule à charnière en silicone de Lékué...parfait!).
3° Blanchir les jaunes d'oeufs avec le sucre, puis ajoutez les carottes râpées, les amandes et le mélange de noix, les épices, la mousseline de pomme et le jus de citron ainsi que son zeste.
4° Ajouter la farine et le baking powder tamisé.
5° Monter les blancs d'oeufs en neige avec une pincée de sel et les incorporer délicatement au premier appareil.
6° Verser le tout dans le moule et cuire pendant 50 mn ou jusqu'à ce que la lame d'un couteau en ressorte sèche.

Vous pouvez aussi ajouter quelques raisins secs (en particulier si vous le préparez sans le cheesecake).

Je prépare le cheesecake puis le carrot cake la veille au soir et je les assemble le lendemain, après une nuit de maturation bien au frais.

 Pour l'assemblage, je coupe le carrot cake en deux sur la longueur. Je dépose d'abord une couche de Carrot Cake (la couche de base, la plus net), puis je dépose dessus le cheesecake puis je termine par la seconde couche de carrot cake. Pour les plus gourmands, vous pouvez, entre les couches, ajouter un frosting au cream cheese (voir recette intégrale ICI).
Et pour la déco, j'ai réalisé une carotte en massepain que j'ai coloré avec les excellents colorants en gel Wilton (USA, on a dit ;-)).

Je termine cet article en savourant une tranche de ce délicieux Carro Cake Cheesecake et je n'ai qu'une chose à dire...IT'S TO DIE FOR!!!

lundi 28 mars 2011

TFP 2011 - 2ème épisode: Pascal Barbot, sa cuisine, concepts et recettes

Pour cette seconde session des master classes qui avaient lieu lors des Flemish Primitives (et après avoir suivi avec beaucoup d'intérêt pour la première session Sang Hoon Degeimbre et Thomas Bûhner sur la cuisine sous-vide) me voilà embarquée chez Pascal Barbot, chef de L'Astrance à Paris.


Je ne connaissais Pascal Barbot que de nom. J'ai donc découvert pour la première fois son univers qui m'a immédiatement séduit et fait pensé à William Ledeuil, avec ses condiments, ses couleurs et ses agrumes.

Pascal Barbot très joyeux, avec beaucoup de modestie et une véritable envie de partage nous a donc préparé un menu comme il l'aurait fait chez lui, à L'Astrance. Une succession de plats tous plus séduisants les uns que les autres! Son petit restaurant, d'à peine 25 couverts, ne possède pas de carte, et vie donc au feeling du chef. Et si le chef n'est pas là, le restaurant est fermé.
Pour les Flemish Primitives, L'Astrance affichait donc porte close et Pascal Barbot est venu avec toute sa fine petite équipe de cuisine pour nous présenter son menu du jour...

Si je devais résumer Pascal Barbot en 1 ingrédient, je dirais sans aucune hésitation, l'AGRUME! Sans lui, je ne sais plus cuisiner, nous dira-t-il. Voilà qui donnait le ton: yuzu, main de buddha, meyer lemon, kumquat, cédrat, bergamote, cumbawa, orange sanguine et orange amère,...

Avec plus de 100 fournisseurs, il affiche un réel désir de sélectionner au mieux chaque ingrédient: chaque artisan a sa spécialité.


Tout va commencer avec son plat signature, Mille feuilles de foie gras, pommes vertes et champignons de Paris.
Pascal Barbot qui n'hésite pas à exprimer ses réflexions à voix haute nous explique son attirance pour la combinaison GRAS - ACIDE. Une mayonnaise seule, c'est plutôt lourd. Avec un peu de citron, c'est tout de suite plus léger. Et voilà déjà les agrumes...
Ce plat d'une grande délicatesse, se compose d'une succession de champignons de Paris (les meilleurs possibles) coupés très finement à la mandoline (pour le côté neutre) et entrecoupés de tranches de foie gras (pour le côté...gras) et de fines tranches de pommes vertes (pour le côté acide). Le tout est déposé sur une base faite de feuilles de bricks collées avec un peu de sirop et compressées au four entre deux plaques. Le dessus est quant à lui saupoudré de poudre de champignons. Et comme accompagnement, un condiment...d'agrumes! et d'huile de noisette. That's it!

Pour le condiment d'agrume, il cuit le citron en papillote 1h au four, récupère la chair, ajoute sel, sucre et huile d'olive (+ agar agar).
Pour un autre condiment, il cuit la pulpe d'agrume dans du lait d'amande puis la mixe avec de l'huile d'amande, beurre et huile d'olive...mmmmmh

Fortement inspiré par la cuisine du monde et surtout l'Asie, Pascal Barbot réinterprète les associations de saveurs et les ingrédients qu'il a découvert lors de ses nombreux voyages. Je retiens sa confiture d'algue réalisée avec l'algue japonaise konbu après qu'elle ai parfumé un bouillon dashi. Au lieu de la jeter, il la récupère pour en faire un confit. Il la fait braiser à 120°C, 2 nuits avec du mirin, de la sauce soja et du dashi. Après la première nuit, il rajoute un peu de dashi. Ce concentré d'algue est ensuite monté au beurre.
Place ensuite à l'apéro...les cacahuètes! Travaillées en petits rouleaux croustillants farcis avec du concombre et un condiment de...je ne me rappelle plus!


Ensuite, la langoustine (j'avoue m'être laissée porter par le spectacle plutôt que de prendre des notes...il me manque donc certains détails)

Le cabillaud, (m'étant éclipsée quelques instants pour voir les autres master classes - voir plus loin - il me manque les détails aussi...oups)


Les Saint-Jacques snackées sur une émulsion d'huîtres et d'agrumes (!) confits. Un joli tableau!


Le poulet au Comté. Un peu de technique (mais pas trop, Pascal Barbot se dit nul en technique!...on sourit). Ici, le Comté est déposé sous la peau du poulet et collé avec une levure japonaise "mi glu" qui a la capacité de faire coller les protéines entre-elles. Accompagné d'un pesto noix, parmesan.


Le canard, d'une qualité exceptionnelle. Issu d'un croisement entre une race très ancienne, peu charnue et une plus généreuse, créant une viande au goût unique, aux notes de gibier. Le tout accompagné d'un condiment (!) réalisé à base de plus de 25 ingrédients, d'aubergines laquées et du doux petit ail noir japonais.


Ensuite on passe au sucré, tout en surprise et en douceur, avec l'étonnante "crème vanille", souvenir d'enfance! La base, ô surprise? de la pomme-de-terre! Cuite dans une eau autant sucrée que salée puis mixée avec du fromage blanc. Au milieu, de la glace vanille et une fleur de thym...Superbe!


Á nouveau dans la vanille, et toujours avec autant d'audace, place à un autre dessert aux notes asiatiques (!): miso vanillé, crème au beurre au thé vert, glace vanille et tuile croquante à base de riz grillé! J'adore l'association du miso et de la vanille (je note!). Hélas, sur la photo, la glace a déjà légèrement fondu, mais ça n'enlève rien à l'idée!


Et enfin, le vacherin tout Vichy, comme la ville d'origine de Pascal Barbot! Une meringue farcie roulée dans du papier à chocolat.


Fin du voyage au pays de Pascal Barbot, la tête remplie d'idées et de saveurs... Je suis séduite. Il faut que je teste ce "petit" restaurant d'urgence!

Mais pour revenir à nos Flemish Primitives, j'ai interrompu à quelques moments l'exposé de Pascal Barbot pour aller jeter un coup d'oeil aux autres master classes qui se déroulaient en même temps et dont les intitulés étaient tous aussi attractifs!!!

Petit passage chez Kristof Coppens (A Priori*, B) qui faisait démonstration de sa CryoCooking et sa cuisine à l'azote liquide!

Très spectaculaire avec toute cette fumée et cette énorme machine, la Crycotuv, inventée par Kristof Coppens et produite par Messer and Cretel. Voir ICI pour une petite vidéo et pour plus d'info. 

Petit détour ensuite au rayon boucherie avec David Martin (La Paix*, B), Hendrik Dierendonck (Butcher Dierendonck) et le fameux Jack O'Shea (UK) et sa fantastique viande de toute bonne qualité (dont nous avons la chance d'avoir une boucherie en Belgique à Bruxelles pour satisfaire au départ le petit monde so british de la capitale...vive les Communautés Européennes ;-)!


Sur un même étalage se trouvaient toutes les plus grandes stars de race bovine du monde : Aubrac, Simmenthal, Wagyu, Chianina,  Limousin, Angus,...

Et pour les cuire, le chef David Martin avait apporté son superbe four Josper! Autant dire que l'odeur dans la salle avait de quoi nous donner l'eau à la bouche et que les carnivores s'en sont donnés à coeur joie!

Tout autre univers enfin, celui de Magnus Nilsson (Flaviken, Se), ancien apprenti de Pascal Barbot, en duo à nouveau avec Sang-Hoon Degeimbre pour une master class sur la fermentation et les pickles. Grosse tendance gastronomique, plus un chef aujourd'hui qui ne propose un plat sur base de cette technique typique de la cuisine nordique, très en vogue elle aussi, mais aussi coréenne (cfr. S-H Degeimbre) avec notamment leur fameux kimchi!

Á retenir, la méthode 1, 2, 3 pour (si mes souvenirs sont bons) 1 dose de sucre, 2 de vinaigre et 3 d'eau (+ épices au choix).

Voilà donc une journée déjà très riche gastronomiquement dont on ressort la tête bien pleine et les papilles bien éveillées...

Le soir, pour ceux qui avaient la chance de pouvoir y assister, avait lieu un dîner de gala de très haut vol pour une expérience culinaire exceptionnelle, reprenant 14 chefs belges, 14 plats, pour un Belgium: taste and creativity dinner!

Dans les plats les plus intriguant, je retiens le Message in a bottle from the northsea, (exposé le lendemain lors de l'évènement principal (à venir)) et le Brazilian Lips, colaboration internationale entre le chocolatier belge Dominique Persoone et les chefs Sergio Herman (Oud Sluis, NL) et Alex Atalla (D.O.M., Brasil)

Pour le menu en entier, voir ici et pour les images, c'est par ici.

Á suivre, le main event des Flemish Primitives avec René Redzepi et Michel Bras en tête d'affiche...

dimanche 27 mars 2011

The Flemish Primitives 2011 - 1er épisode: le sous-vide par Sang Hoon Degeimbre et Thomas Bühner

Pour leur troisième édition, les Flemish Primitives ont à nouveau rassemblé la crème du monde culinaire devant un public professionnel international, dressant un épatant tableau de l'avant-garde culinaire!
Un casting de rêve pour deux journées hautes en découvertes et émotion.

L'évènement démarrait en force le premier jour avec au programme, des master classes. Une série de leçons de cuisine approfondies, avec dégustations, données par des chefs expérimentés, sur des domaines tels que la cuisson sous-vide, la fermentation, la technologie du goût, ou encore la cuisine à l'azote liquide.

Parmi ce choix difficile, j'ai opté à la première session pour la cuisine sous-vide et la, non pas "basse", mais "bonne" température. Par Sang-Hoon Degeimbre (L'Air du Temps**, B), Bruno Goussault (CREA, F) et Thomas Bühner (La Vie**, D) (voir ci-dessous).

Á la seconde scession, je me suis laissée tenter par Pascal Barbot (L'Astrance**, F): Sa cuisine, concepts et recettes. (à suivre bientôt).

Mais commençons par ce premier bînome sur la cuisine sous-vide avec... ...Sang-Hoon Degeimbre de l'Air du Temps**, un des chefs belges que j'apprécie le plus, avec ses créations tout en finesse et en saveur et ses petites notes d'influence coréenne (sa culture d'origine) qui me rappellent avec beaucoup de nostalgie mes amis coréens de NY qui m'avaient initié à cette cuisine. Et pour expliquer la technique sous-vide, rien de mieux qu'un expert scientifique spécialisé, Bruno Goussault, directeur et fondateur du CREA (Centre de Recherches et d'Etudes pour l'Alimentation). Et enfin, évidemment, pour un cours sur la cuisine sous-vide, après le chef et l'expert, il faut les outils: une petite dizaine de Rhoner maintenus à différentes températures (tous en dessous des 100°C, bien entendu!) et une Sous-Videuse.

Le cours peut commencer...1st dégustation: couteau, daikon, et....??? 2nd dégustation: la fameuse KIWITRE. Mascotte du mouvement Food Pairing ("Association de plusieurs aliments basée sur la présence commune de certaines molécules aromatiques") et un des plats signatures de San. Description selon Sang Hoon Degeimbre issue de son livre "L'Air du Temps : Cooking": "...l'analyse des composants de l'huître et du kiwi démontre que la première compte 14 molécules aromatiques (sur les 48 qui la caractérisent) en commun avec le kiwi..." d'où leur étonnante mais excellente association! Ici, l'huître est parfumée au champagne grâce à la cuisson sous-vide et accompagnée de perles gélifiées de kiwi et d'une jolie et croquante oyster leave qui rappelle étonnamment le goût du kiwi.3rd dégustation: moule et pomme-de-terre, le tout cuit sous vide (séparément) et accompagné d'une émulsion dont je ne me rappelle plus avec certitude mais je pense que c'était au curcuma, même épice qui accompagnait la moule dans sa cuisson sous-vide. Par contre, je me rappelle très bien du goût assez extraordinaire de la pomme de terre dont on goûtait de façon très incroyable le goût de..."terre". Ici, enrobée de truffe... tout simplement délicieux! 4th dégustation: canard et oignons rouges... une texture, un goût et un juteux incomparable! Et une présentation....version plat (ci-dessus) et version dégustation (ci-dessous)et pour garder la couleur rose de la viande, ne pas dépasser les 58°C... 5th dégustation: maquereau et choux (brocoli, romansco, choux fleur,..) et bouillon dashi si je ne me trompe... Pour la cuisson sous-vide du poisson, notre expert nous expliquera faire "saumurer" 10 minutes le poisson dans un bain d'eau avec 5% de sel (10% pour les poissons gras : saumon, thon, maquereau,...) avant de le mettre 2 minutes dans un bain d'eau à 83°C! Pour la seconde partie de l'exposé, place à Thomas Bühner du restaurant La Vie** en Allemagne qui nous exposera cette étrange machine digne des laboratoires.......la Rotary Evaporators! Une technique d'évaporation par rotation qui concentre le goût des aliments par réduction à basse température, permettant ainsi de conserver le goût cru des aliments. Idéal pour un jus de fruit concentré ou de viande crue comme l'a imaginé Thomas Bühner. Il met sous-vide du haché de viande avec de l'eau puis récupère le jus et le fait réduire à 40°C-45°C par évaporation en rotation dans cette étonnante machine, ce qui permet de concentrer le goût sans en détériorer ses composants car le jus n'a pas bouilli pour être réduit. Et voilà le résultat, à gauche un jus de viande après cuisson et à droite le jus "cru" concentré. Au goût, on sens une véritable différence. Celui obtenu par évaporation est beaucoup plus épais et plus fort...peut-être un peu trop? En tout cas, cette nouvelle technique en cuisine sera certainement très intéressante pour concentrer notamment le goût cru des aliments telles que les fruits ou les légumes. Un jus de fraise concentré par cuisson n'aura évidemment pas le même goût que s'il est cru...à suivre donc!

Á venir, la seconde masterclass avec le talentueux Pascal Barbot (L'Astrance**, F)....

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...