lundi 2 décembre 2013

Marre du Guide Rouge pour savoir où bien manger la France? Be Omnivore !




Marre des longues nappes blanches en tri-couches superposées? Des couverts en argent et des services coincés et pompeux ? Des sauces épaisses noyant des produits nobles en série vendu à des prix explosifs ? Place à la génération Omnivore ! Des nouveaux chefs décomplexés, voire parfois carrément rockn'roll, qui s'attèlent à décoincer cette cuisine devenue naphtaline. Des menus plus accessibles, des compositions nouvelles, audacieuses, plus fraiches et proches du produit, un service moins figé, moins crispé au gain d'une ambiance chaleureuse, dans des cadres plus décontractés.

Illustration papier du mouvement Omnivore (voir article sur l'Omnivore Food Festival), ce "Carnet Omnivore" recense tous ces jeunes (et moins jeunes) chefs français qui participent aujourd'hui à renouveler la gastronomie de l'hexagone !

Un mouvement mené par Luc Dubanchet, gastronome gourmet passionné, qui repère et met en avant les chefs qui prennent des risques, qui ont une identité  Des chefs qui proposent une cuisine audacieuse mais sincère. Omnivore défend c(s)es valeurs, en France mais aussi à travers le monde notamment grâce à ses World Tour et ses nombreux évènements foodie.

Leur carnet 100% jeune cuisine m'a séduit pour son côté décalé, créatif et engagé.

Outre le graphisme très réussi, ce guide se veut également une vision nouvelle de la critique gastronomique. Ici, pas de cotations ou d'étoiles, les jeunes chefs sont ici classés par identité. C'est ainsi que l'on retrouvera tout d'abord les omnivorisés, les millésimés, les influenceurs, les défricheurs, les iconoclastes, les rebelles, les terriens, les urbains, les aubergistes et les néo classiques.


Il reprend des noms déjà connus comme Thierry Marx (alors déjà déniché à ses débuts par Omnivore eux-même) ou Bras,...

...Passard,...

...Barbot,...

...Aizpitarte, Gagnaire, Piège, Camdeborde,...définis comme les "influenceurs".

Mais on retrouve également tout une série de noms moins connus tels l'excellent David Toutain à Paris,  ou encore Pierre Giannetti à Marseille, Alexandre Couillon à Noirmoutier, ou encore Grégory Marchand (Paris); tous des jeunes chefs qui bouscoulent aujourd'hui à grands coups de casseroles la gastronomie de leur pays.



L' édition papier 2012 a également son grand gagnant: le dit "Omnivorisé" n'est autre que le jeune Alexandre Gauthier et sa fantastique Grenouillère à Montreuil-sur-Mer...
En tout, ce sont pas moins de 150 adresses à découvrir, chacune avec son style, sa patte et son caractère parfois bien trempé.



Un renouveau de la cuisine Française qu'Omnivore porte en main de maître.


Et leur politique est claire: pas de notes ni de classement, pas d'invitation de presse ni d'adition oubliée. Pour rentrer dans l'ère Omnivore, artisan-cuisinier, "travaillez simplement d'arrache pied, ne copiez pas le voisin mais créez votre propre cuisine...et c'est une évidence, Omnivore passera par là!"



J'aime (outre la sélection, cela va sans dire):
  • Le graphisme, design et coloré et la mise en page, claire, contemporaine et dynamique
  • Le format. Sorte de mini bottin plus ou moins compacte à glisser inévitablement dans son sac lors de tous voyages dans l'hexagone.
  • Le choix du papier, mat et épais qui renvois direct au rang de has been les fines feuilles fragiles de papier glacé. 
  • Les histoires et annotations pour chaque chef qui font de ce carnet un livre plutôt qu'un simple guide sans âme.
  • Le nombre de publicité quasi nul.
  • Paris, oui, mais pas seulement...Tous les départements de France sont traversés par Omnivore
  • La version numérique pour Ipad et Iphone pour la modique somme de 4,99€ ! 


J'aime moins:

  • Les différentes catégories, si elles semblent intéressantes manquent quelque peu de descriptif quant à leur contenu. On aurait aimé savoir ce qu'elle représente plus exactement.
  • Les prix omnivores sponsorisés par Evian, Badoit ou Movenpick
  • On y retrouve hélas encore que la France, origine du carnet oblige...mais c'est sans doute aussi parce qu'il est le pays qui a le plus à prouver en vue de son histoire, alors que la Belgique, la Grande-Bretagne, l'Italie ou encore l'Espagne qui devraient certainement un jour avoir droit au chapître, sont de base plus libérés par rapport à leur gastronomie.



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