mercredi 23 septembre 2015

L'Air de Rien, je suis allée à Fontin !


Vous connaissez Stephan Diffels? Et bien moi non plus, je ne connaissais pas!

Et pourtant, cette maison mérite d'être connue!

C'est comme dans tous les domaines, il y'a toujours les médiatisés qui font beaucoup parler d'eux et ceux qui restent plus discrets mais qui n'en font pas moins...

L'Air de Rien, c'est un peu ça. Ouverte depuis 2009, cette discrète table condruzienne (liégeoise) défend pourtant une cuisine créative et de saison qui se laisse volontiers marquer par son terroir.

Au bout d'une agréable ballade à travers champs, la quiétude du petit village de Fontin est à l'image de la maison de bouche qu'elle accueille. Notre visite en milieu de semaine confirme le calme qui règne en ces lieux. Mais on est pas pressé, ça tombe bien!

C'est dans une ancienne bâtisse en pierre, sobre qui se fond au milieu des maisons voisines, que Stephan Diffels a décidé à 32 ans de construire sa vie de chef. Typique des maisons rurales d'époque, la petite porte d'entrée donne (avec surprise) directement sur la salle. Bois, pierre, cuir, terre signent le caractère authentique des lieux tandis que les galets énoncent la proche rivière de l'Ourthe. Hormis le silence presque monacale (ponctué au loin du son de la radio), on se croirait presque chez l'habitant.
La salle, étroite, est décorée sobrement et meublée classique mais l'atmosphère est douce.


Le service est attentif et sans prétention. 
La ribambelle de mises en bouche qui lancent le menu (75 eur) sont fines et délicates. Du gracieux radis rose et rose sauvage, léger et parfumé,  à l'élégant chou-rave, lentille et thym citronné, en passant par le doux shoot de berce, on jurerait que c'est une femme en cuisine. Mais la gourmande peau de cochon soufflée et mayonnaise de miso qui clôture l'apéritif nous confirme le mâle au fourneaux! :)



Mention particulière pour l'excellent pain soufflé, fromage de Herve et sirop de Liège qui, outre son parfaite équilibre, nous rappelle à ce terroir marqué récemment par la perte de son dernier producteur de Herve, José Munnix, tiré en plein coeur par l'Afsca!


Le terroir, le revoilà à nouveau avec cette fraiche et fondante truite d'Ondenval, cerfeuil et fleurs sauvages qui entame les plats. Un poisson local remis au goût du jour par le jeune biologiste de formation, Nicolas Maréchale (fournisseur également pour le chef David Troupain de la Menuiserie à Waimes, membre du collectif gastronomique wallon Génération W). 

Les divines asperges blanches qui suivent, poireaux, jus aérien au beurre blanc ponctué de poétiques fleurs de sureau, font ressurgir le côté féminin du chef qu'il contredira tout aussi vite avec son copieux, mais néanmoins savoureux, oeuf 64°et lardons façon carbonara



Les associations sont minimalistes et harmonieuses, comme ce turbot parfaitement cuit et poireaux brûlé qui apporte la bonne acidité, ou encore ce boeuf Holstein, bien qu'un peu maigre, relevé d'une très belle et vivifiante déclinaison d'oignons en pickles, en purée et en huile. 

Les duos viande ou poissons/alliacées semblent plaire au chef avec, à nouveau pour suivre, un ris de veau croustillant associé à une tombée et crème d'ail des ours

Si on se lasse parfois un peu des émulsions aériennes presque systématique (même si parfaitement réalisées), la technique est par contre assurée et les cuissons maîtrisées. A l'image à nouveau de cette excellente et généreuse langoustine, choux blanc façon fine choucroute et beurre noisette (un chouia trop salé).

Côté raisin, la sélection est assez classique mais évite les gros domaines. Place aux vins de vignerons. 

Nous n'avons pas vu le sommelier mais avons apprécié ce Vouvray sec 2007 de Philippe Brisebarre, souple et fruité. Plus méconnu mais tout aussi agréable, ce Limoux AOC de Bernard Delmas (mieux connu pour ses Crémant), un 100% chardonnay élevé en fût de chêne aux notes de vanilles et fruits exotiques. En rouge, on appréciera ce plus audacieux Lubéron AOC du Domaine Guillaume Gros qui, avec ses notes de garrigues, accompagne les viandes avec succès. La très tendance bière a eut aussi sa place dans le menu avec ici une cuvée de la micro brasserie locale de Behen, la "Flo Fruit" de la Brasserie du Flo.

La transition fromagère (à nouveau aérienne...) expose le Vieux Herdier, un fromage local de Malmedy, accompagné de ses acolytes poires préparées ici au vinaigre apportant une agréable acidité.

Les desserts seront laitiers et feront la part belle aux fruits de saisons avec tout d'abord ce léger et doux yaourt de vache issu d'une ferme du coin, parfumé à la fraise et croustillant de lait, suivi ensuite par une crème chiboust au genévrier et rhubarbe dont on appréciera particulièrement l'accord avec cette bière locale légère de la Brasserie du Flo, juste fruitée comme il faut.

La gourmandise viendra avec les mignardises: nougat, macaron, moelleux chocolat,...



Voilà donc une bien belle découverte gourmande du côté des campagnes Liègeoises. Une table discrète dont la qualité de l'assiette mérite bien le détour. Créative, délicate, emprunt d'une belle finesse et exécutée avec maîtrise, j'ai aimé le côté féminin et le minimalisme assumé de chaque plat. Justesse et harmonie donne l'éclat à ce menu unique qui n'hésite pas à faire des clins d'oeil ici et là à son terroir. Une belle mise en avant aussi des producteurs locaux, à la façon du mouvement proche Génération W (duquel il ne fait pourtant pas (encore?) parti). 
Bref, une table qui mériterait bien son étoile mais qui en attendant se refile entre amateurs de bonne chère ! Même si, "l'air de rien", je ne serais pas surprise de voir débarquer prochainement le Michelin du côté de Fontin :) !  

L'Air de Rien
Chemin de la Xhavée 23, 
4130 Fontin (Esneux)

T. 04 225 26 24
www.lairderien.be

lundi 15 juin 2015

°°Baking Steel DIY... ou comment cuire sa PIZZA comme les pros, pour moins de 20 eur (selon the Modernist Cuisine !)

Tout a démarré le jour où Apolina (du délicieux blog Bombay-Bruxelles) a très joyeusement posté sur son FB l'arrivé de son nouveau jouet venu tout droit des USA, la fameuse Baking Steel !

Baking Steel ?? Kesako ?...

La Baking Steel, (en français, "acier de cuisson") est en fait une simple plaque d'acier (bien marketée :-)) qui est devenue Outre-Atlantiquesuite aux affirmations du célèbre Modernist Cuisine, le nouveau graal de la cuisson des pizza @home.

Concrètement, sachant que l'acier possède une conductivité thermique particulièrement élevée (bien plus que la pierre), ils en sont arrivés à la conclusion (validée par expériences bien sûre) que l'acier serait bien mieux que la pierre pour la cuisson des pizza. Il saisit en effet la pâte rapidement, à très haute température tout en augmentant considérablement la température intérieure du four pour ce rapprocher de celle des fours à pizza professionnels. 
Bref, le rêve ! Tout ce qu'une pâte à pizza à besoin pour être à la fois croustillante, moelleuse et aérée!

Du coup, tous les journalistes food américains s'y sont intéressés... et confirment: c'est le TOP !!

Dans ma quête infinie de la perfect pizza @home, ce n'est pas compliqué, il me fallait cette plaque.

Un petit détour sur le site de la marque Baking Steel, puis sur amazon et autres shop online, pour arriver à la conclusion suivante: prix de la plaque 79$ + autant de frais de port = 158$...oui, bon, pour une plaque d'acier... !

Après la conquête de la pierre à pizza, je me suis alors lancée dans celle de l'acier.



C'est parti ! Check des infos sur le site officiel de Baking Steel et la genèse de leur création:
" (...) Product Description :
  • Baking Steel is virtually indestructible 
  • Made in the USA 
  • Inspired by Nathan Myhrvold’s Modernist Cuisine 
  • Pre-seasoned with our proprietary oil 
  • 16 x 14 x 1/4″ – 15 LBS. 
  • Flat and easy storage 
  • For home ovens or home grills 
  • Also great for rustic breads 
  • Great as a stovetop griddle, induction plate and even as a cold plate after it’s been frozen 
  • Custom Sizes available (...)"
"(...) At the plant I found an extra piece of ¼” A36 steel and brought it home. According to Modernist Cuisine, steel is a more conductive cooking surface than a brick oven’s stone. It can cook faster and more evenly at a lower temperature, resulting in a beautiful, thin, crispy crust. (...)"  
Google est mon ami ! Après des heures passées à chercher l'équivalence européenne du A36 américain (je vous passe le fait que chaque pays possède ses propres références et que certaines varient selon qu'il s'agit d'avant ou après telle ou telle année, bref, suis maintenant devenue "experte" de l'acier :)), il a fallut ensuite trouver un vendeur d'acier qui aurait cette fameuse référence européenne, le S235JR ! Google reste mon ami, RDV dans la bassin sidérurgique carolo, petite "ballade" du côté de Mont-Sur-MArchienne, et hop, me voilà de retour avec ma plaque d'acier BRUT, sur mesure :-D (prix: 15 eur pour un plaque de 38x35x0,6 cm !!)


A ce stade, le plus dure est fait,.... enfin presque, reste plus qu'à transformer cette plaque brut, recouverte de "mill scale" en une parfaite plaque de cuisson alimentaire joliment "culottée" !

Je vous fait un résumé des étapes à suivre:


  1. Laissez tremper la plaque entièrement dans du vinaigre pendant 48 h 
  2. La rincer au jet d'eau (la couche noire disparait très facilement) puis la frotter énergiquement avec du bicarbonate de soude puis du savon de vaisselle, rincer. A ce stade votre plaque doit être d'un joli gris inox. 
  3. Culottage: A l'aide d'un pinceau, tartiner légèrement la plaque avec de l'huile de graines de lin bio (oui, je sais, ce n'est pas la plus bon marché mais c'est celle qui fonctionne le mieux (à en croire , Sheryl, l'experte du culottage (in English)...) et il n'en faut pas beaucoup... et avec le reste, vous faites une cure d'Omega 3 :-)))
  4. Enfourner la plaque dans le four au maximum (250°C min. idéalement) durant 1h. 
  5. Après 1h, éteindre le four et laisser refroidir complètement dans le four.
  6. Répéter l'opération 4, 5, 6x à partir de l'étape 3. Au fur et à mesure elle deviendra de plus en plus noire ....et ça y est ! Elle est prête :-) 
J'avoue, je trouvais pas très éco de faire tourner le four à vide, si fort, si longtemps, du coup, j'en ai profité pour cuisiner des petits plats en même temps (gratins, lasagne,...). Et quand il passait en mode refroidissement, je faisais déshydrater toutes sortes de choses (raw vegan wrap, olives noires, petits pois, tomates, shihitaké, chips de pommes, d'oranges, de bananes,...).


Et voilà la belle "culottée" qui trône désormais dans le compartiment "pizza" de ma cuisine à côté de ma pierre réfractaire et ma jolie pelle a pizza from-NY-que-j'-aime  :-)).



A voir et à suivre:

samedi 13 juin 2015

Le banquet Generation W à... 34 mains !


Un banquet 100% Wallon (des chefs aux artisans-producteurs) qui clôture la première édition du Passeport Génération W. Ce graal pour gourmet, sorte de carte de fidélité, édité en nombre limité début 2014 et qui donnait accès, après au moins 5 visites chez l'un des membres de la Génération Wà l'invitation à ce banquet de clôture exclusif.

A cette occasion, le collectif en a profité pour présenter les nouveaux venusportant désormais à 20 le nombre de chefs membres de Génération W. Les chefs Benoit Neusy de L'Imperatif à Massière, Julien Lahire de L'Auberge du Moulin Hideux à Noirefontaine et Didier Galet de Sprimont rejoignent ainsi la dream-team culinaire wallonne. 
Et avec chacun d'eux, se joignent également de nouveaux producteurs, dont notamment, le Domaine des Agaises (Cuvée Rufus), la Boucherie Protin à Chiny, le Moulin de Hollange et ses superbes farines d'épeautre, la ferme de Belle-Vue et ses agneaux, la ferme du Vieux Tilleul et ses Petits Gris de Namur ou encore Christophe, souffleur de verre et cristal au Val Saint Lambert.

Dans la foulée, Génération W continue de voir grand. D'une part avec leur maison d'édition qui éditera à nouveau cette année plusieurs nouvelles publications culinaires  dont on retiendra notamment "Tribu.Terre", un ouvrage financé en crowdfunding et initié par Clément Petitjean, chef de la Grappe d'Or à Torgny, dans lequel il mettra à l'honneur les artisans et producteurs de son terroir, la Gaume, qu'il défend déjà admirablement à travers sa cuisine. 
A suivre également , la mise en place d'ici quelques mois de l'application "Local Eat" qui permettra de géolocaliser l'ensemble des membres du collectif.

D'un angle plus international, 2016 devrait aussi voir arriver le plus grand congrès culinaire jamais organisé en Wallonie. Un évènement emmené par Génération W et soutenu par la région qui aura notamment pour but de valoriser l'économie wallonne à travers sa gastronomie et ses producteurs-artisans. RDV pris l'année prochaine, même date!

Bref, le banquet c'était un peu la fête de tout ça...


Organisé dans un endroit bucolique, en pleine campagne, chez un des producteurs partenaires du mouvement, la brasserie de Marsinne à Couthuin, installée dans une très belle ferme château, c'est là que le tandem Nicolas Declercq et Tanguy van der Eecken y brassent depuis 2012 leur bière Léopold 7, une blonde naturelle composée de 7 ingrédients (3 grains, 3 houblons et leur touche personnelle secrète semble-t-il).
Une centaine de convives était réunie pour l'occasion avec presqu'autant de personne en backstage: avec côté cuisine 17 chefs du top Wallon, côté salle toute la fine équipe de chacun des chefs et pour la mise en scène, Bénédicte Bantuellescénographe d'évènements culinaires (société La Bouche).
Rouleau de chou rave et truite d'Ondenval par Thomas Troupin
L'apéritif "effervescent" sous le soleil, assuré en partie par le Domaine des Agaises à Haulchin et sa cuvée Rufus (Crémant de Wallonie) et le domaine du Ry d'Argent à Bovesse, accompagnera une ribambelle de mises en bouche réalisées par les "jeunes pousses" du mouvement. 




Entre les Petis Gris de Namur de Carl Gillain, le foie gras de la Tour et les asperges de Fosteau de Fabrizio Chirico, la truite d'Ondenval de Thomas Troupin, ou encore la maquée de Ludovic Vanackere, on goute la Wallonie ! 
Coup de coeur pour l'artichaut et émulsion de pomme de terre de Philippe Fauchet et le rouleau de chou rave et truite d'Ondenval de Thomas Troupin (chef à suivre!).

Bénédicte Bantuelle (La Bouche) dans sa création

La fête se poursuivra sur de grandes tables communes champêtres scénographiées avec créativité, gourmandise et convivialité par Bénédicte Bantuelle (aménagement qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler celui qu'elle avait créé également en mai dernier pour l'évènement culinaire Culinaria). Casseroles de cuivre à l'ancienne, pots de fleurs sauvages, corbeille en bois, torchons de cuisine, taxidermie,... le ton est donné.

Pierre Résimont - l'Eau Vive
Et c'est Pierre Résimont de l'Eau Vive, sans aucun doute le plus festif des chefs :), qui lancera les réjouissances avec son Huître exquise, tendre et charnue accompagnée d'une eau de concombre, chorizo et crème épaisse.
Eric et Tristan Martin - Lemonnier
Suivra la Truite saumonée, petits pois, asperge crue, œuf fumé, croûte d’épeautre et jambon séché d'Eric et son fils Tristan Martin du restaurant Lemonnier. Moins surprenante bien que savoureuse, elle nous fera néanmoins découvrir la bière Mr Rock, actuellement brassée à Londres par un wallon mais qui devrait prochainement revenir s'installer au pays!

Christophe Pauly - Coq aux Champs
Le copieux Tartare de bœuf, betterave et émulsion juste piquante au raifort de Christophe Pauly du Coq aux Champs trouvera une fraîcheur idéale dans Le petit fantet d’Hippolyte 2014, un délicieux Corbières nature, gourmand et joliment fruité.

Arabelle Meirlaen 
Les Asperges vertes de la Ferme de Kamerijk d'Arabelle Meirlaen feront l'unanimité avec leurs enivrants parfums aromatiques et le côté onctueux venant de cette étonnante sauce à base de noix de macadamia fermentées, bien balancée par l'accord avec la douce et rafraîchissante bière blonde Leopold 7.

Maxime Collard - La Table de Maxime
Maxime Collard de la Table de Maxime confirmera son excellence dans la cuisson des poissons avec cette Langoustine fondante en croûte de coco au curry ici en duo avec une ventrêche de porc laquée de chez Poncelet, mozzarella de Neufchâteau et pesto de capucines, le tout sublimé d'un accord doux-amer de son terroir avec la fameuse boisson de mai locale, le Maitrank Manigart.

Laury  Zioui - L'Eveil des Sens
La petite note exotique viendra du délicat Pigeonneau aux épices douces, sarrasin, kalamansi et datte Madjoul de Laury Zioui de l'Eveil des Sens qui, avec ce plat, affirme avec succès ses origines nord africaine, même si peut-être un peu trop sucrée pour moi, mais bien contrebalancée par une belle et puissante syrah marocaine, Tandem 2011

Sang Hoon Degeimbre - L'Air du Temps
La surprise (qui suscitera d'ailleurs de nombreuses surenchères :)) viendra de l'énoncer intrigant de Sang Hoon Degeimbre de l'Air du Temps avec son "Dimanche en Belgique"... qui ne sera ni plus ni moins que l'incontournable "Poulet-Compote-Frite-Salade" revisité, avec ici une volaille parfaitement juteuse (contrairement parfois peut-être à celle du dimanche...)et chips de pomme de terre. Petite mention pour la "salade" aromatique de Benoit Blairvacq :). Et pour accompagner, on oubliera l'authentique Pied-de-boeuf pour une rafraîchissante Saison "IV" de la brasserie Jandrain-Jandrenouille.

Clément Petitjean - La Grappe d'Or
La transition au sucré passera par l'excellente combinaison fromagère de Clément Petijean de la Grappe d'Or à Torgny qui mettra en avant Peter de Cocq de la Bergerie d'Acremont (l'un de ses artisans) et ses délicieux fromages au lait de brebis, en proposant un Hémérocalles, bleu de Scailton et fraises de Meix, le tout souligné par une parfaite "Grande 10 » tout aussi locale, de la brasserie Rulles. (Ne dit-on pas que le meilleur vin pour un fromage est celui de sa région de production? :-))

Christophe Thomaes

Les Fruits rouges en variation sucrée, espuma épaisse à la Ducassis et meringues de Jean-Baptiste et Christophe Thomaes nous font découvrir la délicate liqueur de cerises sauvages de chez Artifruit qui accompagne.

Mario Elias - Cor de Chasse

Et la cloture du menu reviendra à Mario Elias du Cor de Chasse avec son très esthétique Oseille, betterave, tonka, yaourt de la ferme Paquet...en harmonie avec une fine bulle rosée d'Anjou (Turbulences) et sirop de sureau de la ferme de Fisenne



A ce stade, il ne nous reste plus beaucoup de place pour les mignardises, mais nous gardons déjà le souvenir d'une belle parade de nos chefs wallons qui continuent d'avancer, de grandir, de se réinventer, de créer et de nous surprendre ;-)



C'est ça aussi Génération W!

lundi 8 juin 2015

#primavera...Gnudi alla ricotta di bufala e tartufo, succo di crescione


Il parait que la ricotta est la meilleure au printemps, quand les brebis ou les bufflonnes retrouvent les verts pâturages et se nourrissent à nouveau d'herbes fraîches !

Et moi aussi j'avais envie de vert! Mais pas à consommer sous forme de "smoothie" ou autres "health juice"...
Non, un jus vert un peu piquant et plein de fraicheur et de vitalité pour donner du peps à ce fromage frais et pour bien sentir la sève qui remonte dans la nature et dans nos cuisines en ce début de printemps!

Et puis, comme 365 jours sur 365, j'avais envie de manger italien...:)
menu #Primavera,  antipasti 1 : Carciofi e Bottarga

Le premier antipasti de mon menu #Primavera 2015 était sarde, le 2ème sera Toscan avec des Gnudi alla ricotta di bufala e tartufo, succo di crescione, prosciutto toscano, scaglie di ricotta salate e pinoli tostati (tout un programme ;-))
Viva Italia !

Les Gnudi ("nus"), aussi appelés Ravioli Nudi ("ravioli nus"), sont des boulettes à base de ricotta liée à l'oeuf et à la farine ou à la chapelure. Sorte de farce à ravioli sans pâte,...nue ! Les gnudi sont les cousins toscans de leurs voisins lombards (Lombardie), les malfatti ("mal fichus"). Ces derniers étant en effet confectionné à partir d'une préparation plus souple que les gnudi, ils sont de ce fait moins facile à façonner, d'où leur forme plus irrégulière...et leur nom! 

Bref, qui dit gnudi, dit ricotta, dit...#Primavera !


Gnudi alla ricotta di bufala e tartufo, succo di crescione, prosciutto toscano, scaglie di ricotta salate, pinoli tostati
(Ravioli nus à la ricotta de bufflonne et truffe, jus de cresson, jambon toscan, copeaux de ricotta salée et pignons de pin toastés)

Ingrédients:

Pour les gnudi (recette issue de (mon livre de chevet...) "Géométrie de la Pasta" par Caz Hildebrand & Jacob Kenedy - Éd.Marabout)
  • 250 g de ricotta (égouttée dans une passoire si trop humide)
  • 50 g de pecorino romano ou de parmesan
  • 1 oeuf
  • 40 g de chapelure
  • noix de muscade
  • farine pour rouler les gnudi
  • facultatif: 1 cc de tartuffata (sauce à la truffe)
Pour le jus de cresson
  • 1 botte de cresson
  • huile d'olive extra-vierge
  • 15-20 cl de fond de volaille
Autres
  • 100 g de beurre 
  • 10-12 feuilles de sauge
  • 2-3 tranches de prosciutto toscano
  • 2 cs de pignons de pin toastés
  • 1 ravier de cressonnette
  • ricotta salate

Préparation des gnudi: Mélanger ensemble la ricotta, le pecorino, l'oeuf, la chapelure, la tartufata et la noix de muscade, et laisser reposer 30 minutes au frais pour que la chapelure épaississe le tout. Former ensuite toute la préparation en petites boules de 2-3 cm avec des mains bien farinées et les rouler dans la farine.

Préparation du jus de cresson: Faire blanchir le cresson dans de l'eau bouillante salée puis les refroidir immédiatement pour qu'il garde sa belle chlorophylle verte :). Le mixer ensuite longuement avec le fond de volaille, 1 filet d'huile d'olive, poivre et sel.

Au moment de servir, cuire les gnudi dans une grande casserole d'eau salée. Lorsqu'ils remontent à la surface, compter encore 2 minutes avant de les égoutter et de les faire revenir quelques instant dans un beurre de sauge (fondre et chauffer le beurre avec les feuilles de sauge jusqu'à ce que le beurre devienne noisette et les feuilles croustillantes).

Dresser les gnudi dans une assiette creuse, décorer de pignons de pin toastés, de lamelles de jambon italien, de copeaux de ricotta salée (ou de pecorino) et de cressonnette et finir en versant (à table?) le jus de cresson par dessus.

mardi 31 mars 2015

Carciofi e bottarga, c'est la primavera dans ma cuisine!


Ça, c'est un souvenir de Sardaigne!
Ce fameux voyage où la météo belge avait eu l'indécence de nous suivre, nous forçant tout le séjour à rester enfermé dans...les trattorie, ristoranti, osterie, enoteche! :-D
J'avoue, je suis revenue incollable non pas sur le nom des stations balnéaires du sud de la Sardaigne mais bien sur les meilleures tavole di Sardegna ! ;)

Carciofi e Bottarga, c'est le couple sarde par excellence!


Le Carciofo Spinoso di Sardegna, artichaut épineux de Sardaigne, est le TOP des artichauts, possèdant d'ailleurs sa propre D.O.P.
Un artichaut dont la douceur balance à la perfection avec l'amertume et surtout dont la chair particulièrement tendre permet de le manger...tout cru !


La Bottarga di Muggine Sarda, poutargue de mulet, poche d'oeufs de poisson salée et séchée,  considérée comme le caviar Sarde ou or de Sardaigne. Cet ingrédient de luxe et délicat que l'on trouve parfois conservé sous une couche de cire se déguste le plus souvent en fines tranches ou râpé sur des pasta, du beurre, des poissons ou...artichauts crus! 

c'est la saison des artichauts, alors vite, on en profite avec cette recette typiquement sarde, aux douces effluves de primavera :-)

Carciofi e Bottarga

Ingrédients:
  • artichauts italiens 
  • bottarga fraiche ou râpée
  • citrons
  • huile d'olive extra-vierge
Oter les feuilles extérieures et dures, ainsi que le 1/3 supérieur puis tourner les artichauts et les plonger immédiatement dans une eau froide citronnée afin d'éviter qu'ils ne s'oxydent et deviennent noirs.
Les couper en deux, enlever le foin à l'intérieur puis les trancher finement à l'aide d'une mandoline (j'utilise la japonaise qui, outre sa légèreté et sa facilité d'emploi, tranche à merveille!). 
Laisser mariner les tranches d'artichaut quelques heures au frais avec du jus de citron et de l'huile d'olive.
Dresser, au moment de servir, les tranches d'artichauts en carpaccio, assaisonner de poivre du moulin, fleur de sel, huile d'olive extra vierge, copeaux de parmesan (ou pour moi pecorino romano) et terminer en saupoudrant avec la bottarga râpée ou coupée en fines tranches si fraîche et entière. (+ quelques petites feuilles de basilic frais pour la fraîcheur et la couleur (facultatif)).

Servir avec du pane carasau (pain sarde) pour un plat 100% made in Sardinia ;)

Mon menu italien "Primavera" 2015 ;)
Antipasti I: Carciofi e Bottarga
Antipasti II: Gnudi alla ricotta di bufala e tartufo, succo di crescione, prosciutto toscano, scaglie di ricotta salate, pinoli
Primi Piatti: Risotto con piselli e Lardo di Colonnata, portulaca invernale, pecorino, scorza di limone 
Secondi Piatti: Filetto di maiale, finocchio, mandarino e idromele Il Bugno di Faltona
Formaggio: Pecorino Sardo DOP al Tartufo
Dolci: Sorbetto al Cioccolato e nocciola IGP Tonda Gentile delle Langhe 

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